Nos CEO

Mouhamed El Bachir Niang, l’entrepreneur qui parie sur la force du collectif

Dans un Sénégal où l’entreprise est à la fois une promesse d’emplois et un test de résilience, Mouhamed El Bachir Niang s’est imposé comme l’une des voix qui cherchent moins la lumière que l’effet de levier. Président du Conseil National de l’Entrepreneuriat Sénégalais (CNE), il défend une idée simple mais exigeante : l’impact économique ne vient pas seulement des réussites individuelles, il se construit aussi par l’organisation, la mutualisation et le plaidoyer.

De l’initiative entrepreneuriale au leadership d’écosystème

Le parcours public de Mouhamed El Bachir Niang raconte d’abord une trajectoire d’entrepreneur. Il s’est fait connaître notamment comme CEO de Signare, une structure de conciergerie et de prestations de services basée à Dakar, présentée comme une réponse à des besoins de confort, de gain de temps et d’amélioration des conditions de vie des clients.

Cette expérience d’opérateur de terrain, au contact des contraintes quotidiennes des entreprises et des clients, éclaire son engagement actuel : faire passer l’entrepreneuriat sénégalais d’une addition d’énergies dispersées à une dynamique structurée, capable de peser sur les décisions économiques.

Le CNE, une plateforme de rupture assumée

Le CNE, qu’il préside, s’est officiellement lancé fin 2023 à Dakar, après une première réunion tenue en novembre de la même année. L’ambition affichée est de proposer une plateforme “ouverte et dynamique”, distincte des organisations patronales traditionnelles, et tournée vers une génération émergente de chefs d’entreprise.

Au moment de ses prises de parole, le CNE est présenté comme un collectif en croissance, fédérant plusieurs centaines d’entreprises, avec une volonté de faire du “collectif” un outil de puissance économique, pas un slogan.

Plaidoyer économique : créer des champions, élargir le marché

Sur la commande publique, Mouhamed El Bachir Niang défend une approche pragmatique : obtenir une part significative des opportunités publiques pour aider les TPE et PME à changer d’échelle, tout en refusant de réduire l’ambition nationale à ce seul levier. Lors du lancement du CNE, il évoque notamment l’intérêt d’orienter une fraction de la commande publique vers les entreprises, comme accélérateur de croissance.

Son discours est aussi un appel à “fabriquer” des champions, non pas par favoritisme, mais par politique économique assumée, en rappelant que les grandes success stories se construisent souvent avec un État stratège, capable de créer des conditions de consolidation, de financement et de conquête de marchés.

Une méthode : structurer, financer, coaliser

Dans une lettre ouverte rendue publique en 2024, signée “PRÉSIDENT CNE”, Mouhamed El Bachir Niang résume la feuille de route : formalisation et structuration des TPME et des chaînes de valeur, accès au financement pour faire émerger des champions nationaux, place dédiée aux TPE et aux femmes cheffes d’entreprises, et création de consortiums pour affronter les grands marchés dans des secteurs critiques comme la santé, l’assainissement ou l’énergie.

Cette logique de consortium est centrale : elle acte qu’à l’ère des projets complexes et des exigences de conformité, l’entreprise isolée s’épuise, tandis que l’entreprise organisée gagne en crédibilité, en capacité technique et en accès au capital.

La diaspora comme accélérateur d’ambition

Le CNE affiche également une attention particulière à la diaspora, perçue comme un partenaire économique à part entière, à la fois par ses transferts, ses réseaux, et son expérience des standards internationaux. Le message est clair : l’entrepreneuriat sénégalais ne doit pas seulement “naître” localement, il doit aussi “s’industrialiser” en qualité, en gouvernance et en projection extérieure.

Ce que révèle son leadership

À travers Mouhamed El Bachir Niang, c’est une figure de l’entrepreneuriat contemporain qui se dessine : un dirigeant qui ne se contente plus de bâtir une entreprise, mais cherche à bâtir un cadre, des règles du jeu et des alliances. Un leadership de “place”, où l’influence se mesure à la capacité de faire avancer un agenda commun, de sécuriser des débouchés, et de transformer des PME en acteurs compétitifs.

Mérimé Wilson

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page