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Ndeye Khady DIACK, l’art de bâtir la confiance sur un marché naissant

À Dakar, dans l’univers exigeant des marchés financiers, certains parcours racontent plus qu’une carrière : ils racontent une époque. Celui de Ndeye Khady DIACK appartient à cette catégorie rare. Entrée très tôt dans l’écosystème boursier régional, elle a grandi avec lui, l’a structuré, l’a accompagné, et contribue aujourd’hui à le rendre plus accessible. Directrice Générale Adjointe de CGF Bourse, l’une des Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI) de référence au Sénégal, elle incarne un leadership qui conjugue constance, pédagogie et sens du collectif.

Une trajectoire construite sur la durée

Le détail qui frappe d’emblée est révélateur : Ndeye Khady DIACK rejoint le groupe CGF en 1995, à un moment où le marché financier régional est encore en construction, avec des règles, des pratiques et des réflexes d’investissement largement à inventer. Selon le portrait publié par les BRVM Awards, elle intègre même l’organisation comme première employée, participant activement à la mise en place d’un “marché naissant”. Cette ancienneté n’est pas un simple marqueur chronologique : elle explique une connaissance organique des rouages de l’intermédiation, de la relation client, de la régulation, et des cycles de confiance qui font (ou défont) une place financière.

Elle a connu une progression interne structurée : attachée de direction, puis responsabilités croissantes dans l’administration, la négociation, les opérations, et le marché secondaire là où se joue la liquidité, la formation des prix et la crédibilité quotidienne d’un marché.

CGF Bourse : la mécanique du marché… et la responsabilité de le démocratiser

Être SGI, c’est être au carrefour de plusieurs mondes : entreprises en quête de financements, investisseurs à la recherche de rendement, institutions soucieuses de stabilité, et épargnants qui veulent comprendre avant de s’engager. Dans cet entre-deux, la posture de Ndeye Khady DIACK est souvent associée à une idée forte : la pédagogie comme infrastructure.

Lors d’initiatives d’éducation financière rapportées dans la presse, elle insiste sur un point que beaucoup découvrent trop tard : en Bourse, la volatilité ne devient perte définitive que lorsqu’on vend. Derrière la formule, un message stratégique : former des investisseurs patients, capables de distinguer le bruit du signal, et de se doter d’une discipline.

Cette approche répond à un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest : la profondeur du marché ne se décrète pas. Elle se construit par :

  • une information de qualité,
  • des produits adaptés,
  • des intermédiaires crédibles,
  • et surtout une base d’investisseurs mieux outillés.

Une contribution concrète à l’épargne longue

L’un des aspects les plus significatifs de son parcours tient à son implication dans des projets d’épargne structurante. Des sources indiquent qu’elle a participé au volet administratif et à la création d’un Fonds Commun de Placement (FCP) Complémentaire Retraite lié à la SONATEL: un exemple emblématique d’ingénierie financière tournée vers l’épargne longue, la retraite et la sécurisation des trajectoires de vie.

Dans une économie où l’informel demeure important et où la retraite reste un sujet sensible pour de nombreux ménages, ce type de mécanisme est plus qu’un produit : c’est une brique de stabilité sociale et de planification patrimoniale.

Une voix qui compte dans les nouveaux récits de la finance

Ces dernières années, la finance ouest-africaine a vu émerger de nouveaux thèmes : inclusion financière, digitalisation des parcours d’investissement, finance durable, et aussi finance islamique, qui progresse par la demande et la structuration de l’offre. Ndeye Khady DIACK figure parmi les profils régulièrement sollicités dans ce cadre, notamment à travers des échanges et interventions dans des événements dédiés.

Sa présence dans ces espaces n’est pas anodine : elle renvoie à une capacité à parler à plusieurs publics à la fois (professionnels du marché, investisseurs institutionnels, diaspora, jeunes actifs ) en tenant un fil conducteur : expliquer sans simplifier à l’excès.

Le leadership de l’ombre… qui fait tourner la machine

Dans l’imaginaire collectif, les marchés financiers sont parfois réduits à des chiffres, des écrans, des courbes. En réalité, ils tiennent surtout grâce à des femmes et des hommes qui font vivre des processus invisibles : exécution, conformité, back-office, relation client, gouvernance interne, gestion des risques, et accompagnement des investisseurs.

Le parcours de Ndeye Khady DIACK, construit sur des fonctions opérationnelles avant d’accéder au top management, illustre un leadership “par la maîtrise”. Un leadership qui rassure parce qu’il connaît le détail, mais qui inspire parce qu’il sait où il va.

Ce que son parcours dit du Sénégal qui gagne

À travers elle, on lit aussi une évolution plus large : celle d’un Sénégal où les métiers de la finance se professionnalisent, où l’intermédiation devient plus sophistiquée, et où l’épargne commence à se penser en stratégie, pas seulement en précaution.

Son histoire rappelle un principe simple, mais décisif pour l’économie : le développement a besoin d’intermédiaires solides. Des profils capables de transformer l’épargne en investissements, l’épargne en retraite, la confiance en liquidité, et la liquidité en croissance.

Mérimé Wilson

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