Amina Diagne, bâtir des passerelles entre formation, langues et ambition

Dans le paysage entrepreneurial sénégalais, certaines trajectoires se distinguent par leur cohérence, leur sens du service et leur capacité à répondre à des besoins concrets. Celle d’Amina Diagne s’inscrit pleinement dans cette dynamique. À la croisée de l’éducation, du numérique et du développement des compétences, elle incarne une génération de dirigeantes qui misent sur la connaissance comme levier d’émancipation et de transformation sociale.
Depuis plusieurs années, Amina Diagne construit un parcours solide, marqué par une montée en responsabilité progressive et une volonté constante d’agir sur des secteurs à fort impact. Aujourd’hui, elle est à la fois cofondatrice de Meelam SARL, une Edtech spécialisée dans la formation ainsi que dans l’orientation académique et professionnelle, et directrice de MinaPro, présentée comme la première plateforme proposant des formations en wolof, en français et en anglais. Deux initiatives qui traduisent une même conviction : l’accès au savoir doit être à la fois utile, inclusif et adapté aux réalités locales.
L’une des forces de son parcours réside dans la diversité des expériences qu’elle a su transformer en expertise. Avant de s’engager pleinement dans l’univers de l’Edtech, Amina Diagne a évolué dans le conseil, la stratégie commerciale et l’accompagnement des organisations. Elle a occupé les fonctions de directrice commerciale chez Solution Informatique Durable entre 2012 et 2018, avec pour mission d’accompagner les entreprises dans l’optimisation de leur infrastructure informatique et l’amélioration de leur productivité. Cette immersion dans les enjeux de transformation des systèmes d’information lui a permis de développer une compréhension fine des besoins des entreprises, mais aussi des défis liés à la modernisation des outils et des processus.
Son passage comme directrice services conseils chez SOLID, entre 2011 et 2012, a prolongé cette familiarité avec l’accompagnement stratégique. Plus tôt encore, elle avait exercé comme conseillère chez KPMG Montréal, de 2006 à 2009, dans un environnement exigeant où l’analyse, la rigueur et la capacité d’adaptation sont des qualités indispensables. Cette expérience à l’international a sans doute contribué à affiner son regard sur la performance, la gestion et la structuration des projets.
Mais ce qui donne toute sa singularité à la trajectoire d’Amina Diagne, c’est sa capacité à mettre ces acquis au service de l’éducation et de la transmission. Avec MinaPro, qu’elle dirige depuis 2018, elle s’inscrit dans une logique d’innovation inclusive. Proposer des formations dans plusieurs langues, et notamment en wolof, revient à lever un frein majeur à l’apprentissage pour de nombreux publics. Dans un pays où les enjeux de montée en compétences concernent aussi bien les jeunes que les professionnels en reconversion, cette approche résonne avec une réalité simple : on apprend mieux lorsque l’on comprend, lorsque l’on se reconnaît dans les contenus et lorsque la langue devient un pont plutôt qu’une barrière.
Cette vision prend une nouvelle ampleur avec Meelam SARL, qu’elle cofonde en novembre 2025 dans la région de Dakar. À travers cette Edtech dédiée à la formation et à l’orientation académique et professionnelle, Amina Diagne s’attaque à une autre question décisive : celle de l’alignement entre les aspirations individuelles, les parcours éducatifs et les opportunités du marché. Dans des économies en mutation rapide, aider les apprenants à mieux s’orienter n’est pas un luxe. C’est une nécessité. En ce sens, Meelam s’inscrit dans une tendance de fond, celle d’une éducation plus connectée aux réalités économiques, plus personnalisée et plus tournée vers l’avenir.
Le fil rouge de son parcours apparaît alors avec clarté. Qu’il s’agisse de conseil, de stratégie commerciale, de transformation numérique ou d’éducation, Amina Diagne évolue toujours dans des univers où il faut structurer, accompagner et créer de la valeur durable. Son profil témoigne d’une rare capacité à articuler vision stratégique et exécution concrète. Elle ne se contente pas d’identifier des besoins. Elle s’attache à construire des réponses opérationnelles, accessibles et ancrées dans les usages.
Cette posture s’appuie aussi sur un socle académique robuste. Diplômée de l’Université de Bordeaux, où elle a obtenu une maîtrise en Administration économique et sociale, elle a ensuite poursuivi sa formation à Sciences Po Bordeaux avec un DESS en gestion des risques dans les pays du Sud. Ce parcours universitaire éclaire en partie la lecture qu’elle semble porter sur son environnement : une lecture à la fois économique, institutionnelle et profondément attentive aux spécificités des contextes de développement.
Dans un Sénégal où l’employabilité, la qualification et l’accès à une information de qualité sur les parcours professionnels deviennent des enjeux majeurs, le travail porté par des entrepreneures comme Amina Diagne prend une résonance particulière. Son engagement participe d’un mouvement plus large, celui d’une économie du savoir qui cherche à se démocratiser, à se territorialiser et à parler les langues de ses publics.
Le portrait d’Amina Diagne est ainsi celui d’une bâtisseuse de solutions. Une professionnelle aguerrie devenue entrepreneure à impact, qui met son expérience au service d’une ambition claire : rendre la formation plus proche, plus lisible et plus utile. Dans une époque où les compétences déterminent de plus en plus les trajectoires individuelles et collectives, son action rappelle une évidence essentielle : investir dans l’apprentissage, c’est aussi investir dans la dignité, dans la confiance et dans l’avenir.
Mérimé Wilson



