Diaspora

Dieynaba Ndoye : la Sénégalaise qui redéfinit la beauté éthique à l’international

Dans l’univers hyperconcurrentiel de la cosmétique, dominé par des géants centenaires, une entrepreneure sénégalaise a réussi à imposer son nom et sa vision. Dieynaba Ndoye, fondatrice de WAAM Cosmetics, incarne cette génération d’Africaines qui réinventent l’industrie en misant sur l’inclusivité, la naturalité et l’impact social.

De Dakar à Schlumberger : un parcours forgé dans l’excellence

Née à Dakar dans une famille de diplomate, Dieynaba Ndoye a grandi entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Cette enfance cosmopolite lui a donné une conviction : tout est possible. Baccalauréat en poche, elle s’installe en France, intègre une grande école de commerce et débute sa carrière chez Schlumberger, leader mondial des services pétroliers. Une ascension rapide, malgré les codes masculins du secteur. « J’ai toujours su que je devais faire deux fois plus pour prouver ma valeur », confie-t-elle.

Mais l’appel de l’entrepreneuriat se fait vite entendre.

Colorii : la première révolution

En 2007, elle lance Colorii, première chaîne française dédiée à la beauté ethnique dans des centres commerciaux premium. Une réponse à une injustice du marché : les femmes noires et métisses devaient parcourir Paris pour trouver leurs produits. Le concept séduit immédiatement. En trois ans, Colorii réalise 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et attire l’attention du groupe Provalliance, qui rachète l’enseigne. Dieynaba vient d’écrire son premier succès entrepreneurial et d’entrer dans le radar de Forbes Afrique, qui la cite parmi les 20 femmes les plus influentes du continent.

WAAM Cosmetics : l’ambition mondiale

En 2016, elle revient plus forte avec WAAM – We Are All Métis. La mission : réinventer la cosmétique autour d’ingrédients bruts, multi-usages, bio et équitables. Du beurre de karité du Sahel à l’huile de moringa, chaque produit raconte une histoire. Pas de superflu, pas de compromis : des soins transparents, vegan, écoresponsables.

En moins de 10 ans, WAAM devient une success story. Distribuée en France (Monoprix, pharmacies), en Belgique et en Afrique de l’Ouest, la marque séduit une clientèle jeune, urbaine et consciente. Avec une croissance annuelle de 50 %, WAAM vise 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. En 2022, une levée de fonds de 5 millions d’euros permet d’accélérer son expansion internationale.

Le made in Africa comme ADN

Derrière les flacons élégants, il y a une vision économique : valoriser les filières africaines. WAAM s’approvisionne directement auprès de coopératives féminines, notamment pour le karité et les huiles végétales. L’objectif est clair : transformer l’Afrique de simple exportateur de matières premières en producteur de valeur ajoutée. « Chaque pot WAAM vendu en Europe doit être un peu de fierté africaine », affirme Dieynaba.

L’impact au féminin

À travers ses engagements, elle va plus loin que la cosmétique. 1 % des ventes en ligne est reversé à des associations. Des partenariats avec des coopératives féminines permettent de créer des revenus durables. Et des innovations comme les Magic Powders – des poudres d’hygiène sans eau – illustrent son ambition : changer les habitudes de consommation tout en réduisant l’empreinte carbone.

Une leadeuse globale

Aujourd’hui, Dieynaba Ndoye n’est plus seulement une entrepreneure. Elle est devenue une voix mondiale pour une beauté inclusive et durable. Entre ses prises de parole dans les médias économiques et ses interventions dans des conférences internationales, elle incarne une Afrique qui innove et inspire.

Dans un secteur où les licornes se comptent sur les doigts d’une main, WAAM Cosmetics trace sa voie : celle d’une marque née d’une vision africaine, nourrie par l’exigence mondiale, et portée par une femme qui ne se contente jamais du statu quo.

Dieynaba Ndoye n’a pas seulement créé une marque : elle a bâti un mouvement. Et comme dans toute success story Forbes, ce n’est que le début.

Mérimé Wilson

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