Aïda Diop, au cœur des enjeux stratégiques des ressources naturelles au Sénégal

Dans un contexte où les ressources extractives occupent une place croissante dans les trajectoires économiques africaines, certaines figures émergent par leur capacité à conjuguer expertise technique, vision stratégique et engagement citoyen. Aïda Diop s’impose aujourd’hui comme l’une de ces voix influentes qui façonnent la gouvernance des ressources naturelles au Sénégal.
Géologue de formation, Aïda Diop bâtit très tôt un socle scientifique solide à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, avant de se spécialiser en Qualité, Sécurité et Environnement à l’École Supérieure Polytechnique. Elle enrichit ensuite son profil par des formations de haut niveau à l’international, notamment à l’Université d’Oxford, à l’Université du Cap et à l’Australian National University, où elle approfondit les enjeux liés à la gouvernance des industries extractives, à l’économie minière et à la gestion des ressources énergétiques.
Sa carrière débute sur le terrain, au cœur des opérations minières. Chez Bassari Resources, elle participe activement à des travaux géologiques majeurs, contribuant notamment à la découverte du gisement aurifère de Makabingui, estimé à un million d’onces d’or. Cette expérience opérationnelle forge une compréhension fine des réalités du secteur extractif, depuis l’exploration jusqu’à la gestion environnementale.
Elle évolue ensuite vers des fonctions de pilotage stratégique, notamment chez EXCAF Asia Africa Ltd, puis EFOR, où elle dirige des projets miniers et supervise des dispositifs QHSE complexes. Son expertise en gestion de projets, en relations institutionnelles et en conformité réglementaire lui permet de naviguer avec aisance entre les exigences techniques, économiques et sociales du secteur.
À partir de 2018, Aïda Diop élargit son champ d’action en tant que consultante indépendante, accompagnant le développement de projets miniers et apportant un appui stratégique en matière de gouvernance, de sécurité et d’impact environnemental. Elle développe également une forte capacité d’influence et de plaidoyer, en interaction avec les autorités publiques, les communautés locales et les partenaires internationaux.
Son engagement prend une dimension encore plus structurante lorsqu’elle rejoint le Natural Resource Governance Institute. D’abord Senior Program Officer, elle joue un rôle clé dans l’appui à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), dans l’accompagnement de la société civile et dans l’analyse du secteur pétrolier et gazier émergent du Sénégal. Elle contribue également à nourrir le débat public sur la transition énergétique et ses implications économiques.
En parallèle, elle assure la direction du programme USAID TRACES, un dispositif stratégique visant à renforcer la transparence et la redevabilité dans les secteurs minier, pétrolier et gazier. À ce poste, elle coordonne des équipes pluridisciplinaires, pilote des partenariats institutionnels et participe à la mise en place de mécanismes innovants de gouvernance des revenus extractifs.
Depuis juillet 2025, Aïda Diop occupe le poste de Country Manager du Natural Resource Governance Institute au Sénégal. Elle y définit les priorités stratégiques nationales, supervise la mise en œuvre des programmes et veille à l’alignement des actions avec les objectifs de développement durable et les attentes des parties prenantes.
Au-delà de ses fonctions institutionnelles, elle s’investit activement dans la promotion du leadership féminin à travers Women in Mining Sénégal, qu’elle préside depuis 2019. Elle y porte des initiatives en faveur de l’éducation des jeunes filles, de l’inclusion des femmes dans les métiers extractifs et du développement communautaire.
À la croisée de la technique, de la gouvernance et de l’engagement sociétal, Aïda Diop incarne une nouvelle génération de leaders africains capables de transformer les ressources naturelles en leviers durables de développement. Son parcours illustre avec force que la maîtrise des enjeux extractifs ne relève pas uniquement de l’exploitation des ressources, mais bien de la capacité à en faire un instrument de souveraineté, de transparence et de prospérité partagée.
Mérimé Wilson



