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Cheikh Yatt Diouf, l’ingénieur qui met Dakar en mouvement

À Dakar, la mobilité n’est plus seulement une question de trajets. Elle est devenue un test grandeur nature de modernité, d’organisation urbaine et de qualité de service public. Au cœur de cette transformation, un nom s’impose progressivement dans l’écosystème des infrastructures et des transports collectifs : Cheikh Yatt Diouf, ingénieur de formation, manager de projets complexes, aujourd’hui Directeur général de Dakar Mobilité.

Sa trajectoire raconte une constante : celle d’un professionnel qui a grandi dans la rigueur technique du génie civil, puis s’est hissé vers la gouvernance des grands systèmes, là où l’infrastructure rencontre l’exploitation, et où les choix de gestion finissent par se mesurer au quotidien, dans la vie des citoyens.

Une nomination au carrefour des attentes

En septembre 2024, Cheikh Yatt Diouf prend la tête de Dakar Mobilité, entreprise privée en charge de la gestion du transport et de la mobilité urbaine dans la région de Dakar. Sa nomination intervient dans un moment où les attentes sont immenses, car la capitale sénégalaise accélère sa mue et cherche des réponses concrètes à la congestion, au temps perdu, à la fatigue urbaine et au besoin d’un service public de transport plus fiable.

Dakar Mobilité est étroitement associée à SunuBRT, projet emblématique qui symbolise cette bascule vers une mobilité structurée, plus capacitaire, plus moderne. Dans plusieurs prises de parole relayées par la presse, l’idée revient : le succès durable du BRT dépend autant de l’ingénierie que de la coordination entre acteurs publics et privés, et de la qualité d’exécution au quotidien.

Une progression rapide, dans la même maison

Ce qui frappe dans son parcours récent, c’est la vitesse de sa montée en responsabilité au sein de Dakar Mobilité. Entré comme Directeur de la construction, il bascule ensuite vers le pilotage stratégique en devenant Directeur Développement et Projets, avant d’occuper brièvement le poste de Directeur général adjoint, puis d’être nommé Directeur général.

Cette progression en chaîne dit quelque chose de précieux dans un secteur où la confiance se gagne sur le terrain. Les fonctions qu’il a occupées l’ont placé au contact direct des enjeux les plus sensibles : tenir un calendrier, maîtriser des interfaces techniques multiples, sécuriser la qualité, intégrer les contraintes d’exploitation future et répondre à un impératif de service public. Dans une ville comme Dakar, la mobilité n’attend pas. Elle juge, chaque matin et chaque soir.

Le fil rouge des grands projets d’infrastructures

Avant Dakar Mobilité, Cheikh Yatt Diouf a consolidé une expérience structurante dans des projets d’envergure, au Sénégal comme dans la sous région. Il passe notamment par le projet du nouvel aéroport de Ouagadougou, au sein d’AERIO S.A., en tant que Directeur de la construction. Dans un chantier aéroportuaire, tout est question de standards, de sécurité et de coordination extrême. Le projet, souvent présenté comme stratégique pour le Burkina Faso, illustre ce niveau de complexité où la qualité n’est pas une option mais une obligation.

Au Sénégal, l’autre pilier de son itinéraire reste l’Autoroute de l’Avenir, l’autoroute A1 qui relie Dakar à l’AIBD et s’étend vers Mbour, infrastructure majeure et symbole de la modernisation du réseau routier national. Il y aura passé près d’une décennie, d’abord comme Responsable Infrastructures, puis comme Secrétaire général. À ce niveau, le métier change de nature : il ne s’agit plus seulement de bâtir, mais d’administrer, d’organiser, d’optimiser la relation aux usagers et de piloter des fonctions transversales dans une structure d’exploitation.

Cette immersion prolongée dans la gestion d’un axe vital, emprunté quotidiennement par des milliers d’usagers, a vraisemblablement affûté sa lecture des attentes citoyennes. La mobilité n’est pas qu’un réseau, c’est une promesse. Et une promesse, lorsqu’elle est tenue, transforme l’économie autant que le quotidien.

La culture de la conformité, apprise au contrôle

Plus tôt dans sa carrière, Cheikh Yatt Diouf rejoint Bureau Veritas Sénégal, où il intervient comme Chargé d’Affaires en contrôle technique des constructions. Ce passage dans l’univers du contrôle, des normes, des audits et de la qualité apporte une grammaire professionnelle déterminante : celle qui apprend à prévenir plutôt qu’à corriger, à documenter plutôt qu’à improviser, et à considérer chaque exigence comme une protection des usagers.

Avant cela, il évolue dans le contrôle qualité, puis il effectue un stage de fin d’études chez AGEROUTE Sénégal, dans un environnement naturellement exposé aux réalités du chantier, de l’infrastructure routière et des arbitrages techniques.

Dans un pays où les besoins en infrastructures restent immenses, ces étapes constituent un socle. Elles fabriquent des dirigeants qui connaissent les contraintes du terrain et qui, une fois aux commandes, peuvent parler le langage des ingénieurs autant que celui des décideurs.

Une formation d’ingénieur, mais un profil de bâtisseur de collectifs

Cheikh Yatt Diouf est diplômé ingénieur en Génie civil de l’École Supérieure Polytechnique de Thiès. Dans son parcours estudiantin, il s’illustre aussi dans l’engagement associatif, avec des responsabilités au Bureau des élèves, la co initiation d’une Junior Entreprise, et un rôle de président du comité de rédaction du journal des étudiants. Cette dimension peut sembler anecdotique. Elle ne l’est pas.

Dans les métiers d’infrastructures, la réussite ne repose jamais sur un seul cerveau. Elle dépend d’équipes, de coordination, de communication et d’une capacité à fédérer. Avoir été tôt confronté à la gestion de collectifs, à la production de contenus, à la représentation et à l’organisation, construit un style de leadership. Un leadership qui écoute, qui structure et qui arbitre.

Le défi Dakar, transformer l’infrastructure en service

Diriger Dakar Mobilité, c’est hériter d’une responsabilité singulière : faire fonctionner un système et non seulement le construire. C’est là que se joue l’essentiel. Car l’usager ne juge pas un projet à son ruban inaugural. Il le juge à la régularité, à la sécurité, à l’information, au confort, à la gestion des incidents et à la dignité du service.

Le BRT, vitrine d’une ambition urbaine renouvelée, est un terrain où l’excellence opérationnelle devient un enjeu national, car il touche au temps des travailleurs, à l’accès aux services, à la fluidité économique et à l’image d’une capitale en transformation. Dans ce contexte, le rôle du Directeur général n’est pas de promettre, mais d’installer une culture de performance quotidienne, faite de détails, de procédures, de maintenance, d’écoute client et de réactivité.

Un visage d’une nouvelle génération de managers des services urbains

Le Sénégal avance vers une économie où l’infrastructure ne sera plus seulement un chantier, mais un service à piloter, à améliorer, à rendre plus intelligent. À cette frontière entre l’ouvrage et l’usage, Cheikh Yatt Diouf incarne une nouvelle génération de managers, issus du génie civil, mais formés à la gouvernance des systèmes complexes.

Son parcours, ancré dans l’expertise, élargi par l’exploitation d’infrastructures majeures, et désormais tourné vers la mobilité urbaine, témoigne d’une conviction silencieuse : moderniser un pays, c’est aussi moderniser la façon dont on se déplace. Et, à Dakar, chaque avancée en la matière vaut plus qu’un gain de temps. Elle vaut une respiration.

Mérimé Wilson

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