
Il y a des trajectoires qui racontent une ambition personnelle. Et puis il y a celles qui, sans bruit, déplacent des lignes entières dans un secteur. Marième Ba appartient à cette seconde catégorie. Scientifique de formation, manager de la recherche clinique par expérience, entrepreneure par conviction, elle fonde en janvier 2008 Pharmalys, une organisation de recherche sous contrat (CRO) GCP compliant avec une empreinte assumée entre l’Afrique de l’Ouest et du Centre et le Royaume-Uni.
Son pari est clair, et il l’est depuis 18 ans : faire exister une recherche clinique conduite en Afrique, au meilleur niveau de rigueur, de conformité et de qualité, tout en renforçant les compétences locales. Autrement dit, passer d’un continent souvent “terrain d’étude” à un continent acteur de ses propres évidences scientifiques.
Une fondation scientifique solide, à l’interface du vivant
Le socle de Marième Ba s’ancre dans les sciences biomédicales. À l’Université Paris 7 Jussieu, elle obtient un Master en biochimie, puis poursuit un cursus de spécialisation avec un postgraduate degree en immunologie, hématologie. Ce passage par des disciplines exigeantes du vivant n’est pas un simple décor académique : il structure une manière de penser la preuve, la méthode, le protocole, l’éthique.
À cette exigence scientifique, s’ajoute une formation en management à l’ISG Institut Supérieur de Gestion (Postgraduate Degree). Dans la recherche clinique, cette double lecture est déterminante : comprendre la complexité biologique, tout en pilotant des projets, des équipes, des budgets, des délais, des obligations réglementaires.
Marième Ba avance ainsi avec un profil rare : science, conformité, exécution et leadership.
Apprendre l’excellence dans les grandes mécaniques internationales
Avant l’entrepreneuriat, il y a l’école du terrain. Marième Ba construit une partie décisive de son parcours dans des environnements internationaux structurants. Elle occupe notamment des fonctions chez Quintiles (IQVIA), où elle devient Team Leader (1997–2000), puis chez Grünenthal, en tant que Clinical Research Manager (2000–2008).
Ces années sont celles où l’on apprend le vrai rythme de la recherche clinique : la discipline documentaire, l’anticipation des risques, la traçabilité, la protection des patients, l’importance des standards, mais aussi la coordination des multiples parties prenantes. C’est aussi l’univers où l’on comprend qu’un essai clinique ne se résume pas à un protocole : c’est un système complet, fragile, où la qualité est une culture quotidienne.
En 2008, forte de près d’une décennie d’expérience, Marième Ba prend une décision qui dit beaucoup de son tempérament : ne pas seulement exécuter dans des cadres existants, mais créer une structure capable de répondre aux besoins du continent.
Pharmalys, une CRO africaine pensée comme un pont entre continents
Pharmalys naît en janvier 2008, avec Marième Ba comme Founder and Managing Director. L’entreprise se positionne d’emblée comme une CRO GCP compliant, un marqueur clé : la conformité aux Good Clinical Practice n’est pas une option, c’est une condition de crédibilité internationale.
L’ancrage géographique annoncé est tout aussi stratégique : Dakar et Londres, avec une couverture plus large sur l’Afrique de l’Ouest, du Centre, de l’Est, du Sud et le continent européen. Ce double ancrage n’est pas une posture. Il traduit une vision opérationnelle : parler le langage des standards internationaux, tout en maîtrisant les réalités du terrain africain.
Dans un secteur où la confiance se gagne au millimètre, cette capacité à faire cohabiter rigueur et contexte est un avantage compétitif. Elle permet une promesse simple, mais exigeante : conduire des études et des projets de recherche clinique en Afrique avec une qualité alignée sur les référentiels mondiaux.
Une vision : construire des capacités, pas seulement livrer des projets
Là où le parcours de Marième Ba se distingue, c’est dans les compétences qu’elle revendique et incarne : Capacity Building, Training, Implementation Research, Clinical Research. On comprend alors que sa mission ne se limite pas à fournir un service. Elle vise aussi à élever durablement l’écosystème.
Le capacity building, dans la recherche clinique, c’est une logique de transmission structurée : former, documenter, standardiser, professionnaliser. C’est créer une masse critique de compétences locales capables de porter des protocoles, de maintenir la qualité, d’assurer la conformité, de dialoguer avec des partenaires internationaux.
Le training, ce n’est pas un module “à côté”. C’est une condition de pérennité : sans formation continue, la qualité s’érode et la conformité s’expose.
Et l’implementation research, enfin, renvoie à une recherche qui ne reste pas au laboratoire mais qui s’inscrit dans le réel : comment une innovation se déploie, s’implémente, se rend utile, et dans quelles conditions elle produit des résultats. C’est une approche profondément orientée impact.
Le leadership discret : rigueur, méthode, et responsabilité
La recherche clinique est un univers où le leadership se mesure moins au bruit qu’à la fiabilité. Les livrables doivent être justes. Les procédures doivent être respectées. Les données doivent être solides. Les patients doivent être protégés. Les équipes doivent être alignées.
Dans ce type de métier, la compétence la plus rare est souvent la plus invisible : la capacité à tenir la qualité dans la durée.
Ce que raconte le parcours de Marième Ba, c’est précisément cela : une femme qui avance avec une boussole claire, centrée sur la méthode, la conformité, et le renforcement des capacités. Une dirigeante qui fait de la rigueur un langage commun entre Dakar, l’Afrique régionale et Londres.
Une contribution stratégique pour la santé et l’innovation en Afrique
À l’échelle du continent, l’enjeu de la recherche clinique est immense. Il touche à la souveraineté sanitaire, à l’accès à l’innovation, à la capacité de produire des données pertinentes pour les populations locales, et à la construction de systèmes de santé plus résilients.
En fondant et dirigeant une CRO africaine GCP compliant depuis 2008, Marième Ba s’inscrit dans cette dynamique : structurer une industrie de la recherche clinique qui ne soit pas seulement importée, mais aussi construite, portée et consolidée depuis l’Afrique.
Son parcours éclaire un point souvent négligé : l’innovation n’est pas seulement une affaire de technologies ou de budgets, c’est aussi une affaire d’institutions, de compétences, de standards, et de discipline opérationnelle. Ce sont des métiers de l’ombre, mais ce sont eux qui rendent les avancées possibles.
Une trajectoire qui inspire une nouvelle génération de talents
Marième Ba représente aussi une figure de projection pour les jeunes scientifiques et professionnels de la santé au Sénégal et en Afrique francophone : la preuve qu’on peut faire carrière au plus haut niveau dans la recherche clinique, puis transformer cette expertise en entreprise, avec une portée régionale et internationale.
Son itinéraire dit qu’il existe des chemins de leadership dans la santé au-delà des rôles classiques. Il dit qu’on peut bâtir une structure qui relie continents et standards, tout en gardant un ancrage africain. Il dit, enfin, que l’excellence n’est pas une géographie : c’est un système, une discipline, une vision.
Mérimé Wilson



