Massaer Cissé, l’architecte discret de l’énergie nouvelle génération au Sénégal

Dans l’énergie, il y a ceux qui parlent fort et ceux qui délivrent. Massaer Cissé appartient clairement à la seconde catégorie. Depuis 2021, il occupe le poste de Vice President et Directeur pays de bp au Sénégal, à un moment où le pays redessine ses priorités énergétiques entre sécurité d’approvisionnement, industrialisation, exigences de rentabilité et trajectoire de transition. Son parcours raconte une chose simple : la performance se construit d’abord par la méthode, ensuite par la vision.
La trajectoire de Massaer Cissé commence par la discipline des chiffres et la culture du risque
Avant de piloter des enjeux énergétiques, Massaer Cissé s’est formé à la finance de marché et à l’analyse. Son passage chez AXA Investment Managers au début des années 2000 l’initie aux fondamentaux de la décision rationnelle : lire un actif, apprécier le risque, tester des hypothèses, anticiper des scénarios. Dans les métiers de l’énergie, cette culture-là est essentielle, car un projet se joue souvent sur des paramètres invisibles au grand public : structuration financière, coût du capital, risques opérationnels, sensibilité aux délais.
Les années Deloitte lui donnent la grammaire de la gouvernance et l’endurance des environnements complexes
Quatorze ans chez Deloitte (2004-2018), dont une partie à des niveaux de direction, constituent le socle le plus long de son parcours. Dans cet univers, on apprend à piloter des équipes multiculturelles, à gérer des clients exigeants, à transformer des organisations et à naviguer dans des écosystèmes réglementaires souvent serrés. Cette période construit chez lui un réflexe précieux : savoir structurer, documenter, sécuriser et rendre compte, sans perdre de vue l’objectif final.
L’expérience Lekela Power le place au cœur de la transition énergétique africaine, côté exécution
Avant bp, Massaer Cissé prend les rênes de Lekela Power en tant que Managing Director (2018-2021), dans une entreprise dédiée à la production d’énergie renouvelable à l’échelle industrielle. Cette étape le projette dans l’énergie “de terrain”, celle où la stratégie se mesure à l’exécution : développer, financer, construire, connecter, exploiter, tout en intégrant la dimension communautaire et l’acceptabilité sociale. Dans un secteur où les promesses abondent, cette capacité à faire aboutir des projets devient une signature.
L’arrivée chez bp Sénégal consacre un profil de dirigeant d’interface, entre État, investisseurs et communautés
En 2021, il est nommé Vice President et Directeur pays de bp au Sénégal, avec la responsabilité d’incarner la présence de la major, de coordonner les priorités stratégiques et de sécuriser la performance locale. Dans une industrie où les décisions engagent le temps long, le rôle n’est jamais seulement managérial. Il est aussi diplomatique, économique et institutionnel. Il faut parler à la fois aux décideurs publics, aux partenaires techniques, aux équipes opérationnelles, aux financeurs et aux parties prenantes locales, sans perdre la cohérence du cap.
Son style de leadership repose sur la méthode, la sobriété et la recherche de valeur durable
Ce qui frappe dans le parcours de Massaer Cissé, ce n’est pas l’accumulation de titres, mais la cohérence d’une progression construite. Finance, conseil, renouvelables, major : chaque chapitre renforce le précédent et prépare le suivant. Ce type de profil est particulièrement stratégique pour un pays comme le Sénégal, où l’énergie est devenue une question centrale de compétitivité, de transformation industrielle et d’équité sociale. À ce niveau, le leadership se juge moins à la communication qu’à la capacité à sécuriser des trajectoires, à protéger la réputation, et à produire des impacts visibles.
Le Sénégal énergétique qui vient aura besoin de dirigeants capables de tenir les deux tempos
Le secteur impose une tension permanente. Il faut tenir le tempo court des attentes nationales (emplois, contenu local, retombées, qualité de service) tout en gérant le tempo long des projets structurants, soumis à des normes, des contraintes techniques et des décisions d’investissement lourdes. C’est dans cet espace, souvent inconfortable, que Massaer Cissé déploie son rôle : faire converger performance, responsabilité et crédibilité.
Massaer Cissé incarne une génération de leaders africains formés au monde, mais ancrés dans les priorités locales
Son parcours international et ses responsabilités au Sénégal dessinent une figure de dirigeant désormais indispensable : celui qui comprend les standards globaux, mais sait traduire ces exigences dans un contexte local, avec ses réalités économiques, sociales et politiques. Dans une économie sénégalaise en quête de puissance productive et de compétitivité, ce type de leadership discret, structuré et orienté résultats pèse souvent plus que les discours.
Mérimé Wilson



