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Entre ambition et héritage : le parcours inspirant d’Amadou Hott

Amadou Hott est un économiste et banquier d’affaires sénégalais né le 25 octobre 1972 à Thiaroye Gare, dans la banlieue de Dakar. Diplômé en mathématiques appliquées, économie et marchés financiers, il a étudié à l’université Louis‑Pasteur de Strasbourg, à l’université Paris I Sorbonne et suivi un programme d’échange en mathématiques financières à la New York University. Polyglotte (français, anglais, peul et wolof) et passionné de chiffres, Hott s’est hissé au fil des années parmi les figures les plus respectées de la finance africaine.

Un parcours professionnel international

Après un bac scientifique au lycée Seydina‑Limamoulaye de Guédiawaye, il démarre sa carrière en 1996 par un stage à la Société Générale à Paris puis à New York. Engagé ensuite par Société Générale Londres, BNP Paribas et la banque néerlandaise ABN Amro, il devient banquier d’affaires spécialisé sur l’Afrique. En 2006, il s’installe à Dubaï comme managing director chez Millennium Finance Corporation où il développe les activités de fusion‑acquisition sur le continent. Deux ans plus tard, il dirige UBA Capital (groupe United Bank for Africa) à Lagos, réalisant des opérations inédites en Afrique de l’Ouest comme les plus grosses émissions obligataires et restructurations de dette de la région. En 2011, il fonde à Dubaï Afribridge Capital, cabinet de conseil et d’investissement dédié à l’Afrique, et conseille de grands groupes tels que le conglomérat Dangote.

L’année suivante marque son retour au Sénégal : le président Macky Sall le nomme conseiller spécial chargé des questions de financement et d’investissement et président du conseil d’administration de la société de projet de l’aéroport international Blaise Diagne. En septembre 2013, Hott devient directeur général du Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), qu’il met en place et dirige avec succès.

Leader de la transition énergétique africaine

En novembre 2016, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) le choisit comme vice‑président du Complexe de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte. À ce poste, il oriente la BAD vers les énergies renouvelables : en 2017, 100 % des investissements de production énergétique de la Banque sont réalisés dans des projets renouvelables. Il lance plusieurs initiatives emblématiques comme « Desert to Power », qui vise à construire jusqu’à 10 GW de capacité solaire dans le Sahel, l’Alliance financière africaine sur le changement climatique et le programme « Green Baseload » au sein du fonds SEFA 2.0. Ces projets ont renforcé la réputation de Hott comme champion des infrastructures vertes et de la finance climatique sur le continent.

Fin 2022, après avoir quitté le gouvernement sénégalais, il est nommé Envoyé spécial et champion mondial de la BAD pour l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA). Ce partenariat entre la BAD, l’Union africaine et Africa50 a pour objectif de mobiliser 500 millions USD pour constituer un portefeuille de projets verts bancables et générer jusqu’à 10 milliards USD d’investissements. Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, souligne qu’Amadou Hott possède une solide expérience en mobilisation de ressources et en partenariats public‑privé et qu’il entretient d’excellentes relations avec les décideurs africains et les investisseurs internationaux.

Ministre de l’Économie et réforme des partenariats public‑privé

Hott rejoint le gouvernement du Sénégal en avril 2019 en tant que ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération. Durant son mandat (2019‑2022), il assure la stabilité macroéconomique du pays face aux chocs de la pandémie et mobilise plus de 8 milliards de dollars pour soutenir l’économie. Il modernise le cadre des partenariats public‑privé (PPP) pour attirer des capitaux privés dans les infrastructures et améliorer la transparence des projets. Son action permet de renforcer des secteurs stratégiques comme l’énergie, les transports et la santé. En représentation internationale, il siège comme gouverneur de la BAD et d’autres banques multilatérales. Il participe aux réunions ministérielles du G20 et du G7 et plaide pour une plus grande place de l’Afrique dans les instances mondiales. Lors du Sommet de Paris sur le financement des économies africaines, il est Sherpa du président du Sénégal et coprésident du comité de pilotage.

Une candidature à la présidence de la BAD empreinte d’éthique

En novembre 2024, fort de son expérience, Amadou Hott annonce sa candidature à la présidence du Groupe de la BAD. Pendant plusieurs mois, il sillonne les capitales africaines pour présenter sa vision : accélérer la transformation économique du continent grâce aux investissements verts, à l’industrialisation et à l’intégration régionale. Le 29 mai 2025, l’élection se conclut par la victoire du Mauritanien Sidi Ould Tah. L’ancien ministre sénégalais réagit avec élégance, déclarant : « Les actionnaires du Groupe de la BAD ont décidé. Je félicite chaleureusement Dr Sidi Ould Tah pour son élection et tous les autres candidats pour leurs efforts ». Il exprime aussi sa gratitude envers le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, sa famille et son équipe de campagne, affirmant que « le voyage continue ». Dans une tribune, le Premier ministre Ousmane Sonko souligne que, malgré la défaite, « Amadou Hott demeure une fierté nationale » et salue la qualité de sa campagne, son expérience et sa vision pour l’Afrique.

Engagements et distinctions

Au‑delà de ses fonctions officielles, Amadou Hott consacre du temps au mentorat et à l’entrepreneuriat africain. En 2012, le Forum économique mondial l’a nommé Jeune leader mondial (Young Global Leader). Depuis 2015, il siège au comité de sélection de la Fondation Tony Elumelu qui soutient l’entrepreneuriat africain. Il a également été bénévole du programme TOKTEN du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), enseignant la finance à l’université Gaston Berger de Saint‑Louis en 2004‑2005. Ces engagements témoignent de sa volonté de transmettre son savoir et de promouvoir une nouvelle génération de leaders africains.

Un visionnaire au service de l’Afrique

Amadou Hott incarne une génération de décideurs africains formée à l’international mais profondément attachée au développement du continent. Son parcours traverse les principales places financières du monde, mais il revient toujours à l’Afrique pour contribuer à sa transformation. Vice‑président de la BAD, ministre réformateur et champion de la finance climatique, il a montré qu’il savait mobiliser des ressources, bâtir des partenariats et défendre les intérêts africains dans les enceintes internationales. Sa candidature à la présidence de la BAD, bien que non couronnée de succès, a révélé un homme d’État respectueux des règles et animé par la conviction que le développement passe par des infrastructures durables, l’intégration régionale et l’investissement dans les talents africains.

À 52 ans, Amadou Hott reste un acteur central du débat sur la transformation de l’Afrique. En félicitant son adversaire et en remerciant ses soutiens, il démontre que l’élégance et le fair‑play sont compatibles avec l’ambition politique. Son expérience, son réseau et sa vision font de lui une ressource précieuse pour les futurs projets panafricains. Au‑delà de l’élection, le « voyage continue » : celui d’un bâtisseur qui croit en la capacité du continent à prendre en main son destin.

Mérimé Wilson

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