Nos CEO

Makhtar Sarr, le juriste qui place le droit au cœur de la décision économique

Dans l’entreprise, le droit et la fiscalité apparaissent souvent au moment où une opération doit être sécurisée, une transformation encadrée ou un risque contenu. Makhtar Sarr appartient à une autre école : celle qui considère ces disciplines comme des instruments de décision, capables d’éclairer la stratégie bien avant qu’un problème ne survienne. Associé juridique et fiscal de Moore Sénégal depuis octobre 2022, il met aujourd’hui au service des entreprises une expérience construite entre cabinets de conseil, directions générales et industrie des services financiers numériques.

Son parcours, entamé à la fin des années 1990, raconte davantage qu’une progression dans les métiers du droit. Il révèle la formation progressive d’un professionnel capable de lire l’entreprise sous plusieurs angles : conformité juridique, exposition fiscale, relations sociales, gouvernance et contraintes opérationnelles. Une polyvalence devenue particulièrement précieuse dans un Sénégal où les entreprises doivent simultanément composer avec la transformation numérique, la complexification réglementaire, la pression sur les marges et l’élargissement de leurs activités dans l’espace communautaire.

Du droit des affaires à l’intelligence du risque

La trajectoire de Makhtar Sarr prend racine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où il obtient une maîtrise en droit des affaires en 1998. Cette première formation lui donne accès à la mécanique juridique de l’entreprise : contrats, structures sociétaires, responsabilités et organisation des rapports économiques.

Il approfondit ensuite son expertise en France. À l’Université Clermont Auvergne, il suit un DESS en droit des affaires et fiscalité entre 2000 et 2001. Puis, à l’Université Toulouse Capitole, il complète son cursus par un DEA en droit du travail et de l’emploi, obtenu en 2004.

L’association de ces trois spécialités dessine déjà l’architecture de sa pratique future. Le droit des affaires lui permet de comprendre l’organisation et les opérations de l’entreprise. La fiscalité l’amène à mesurer les conséquences financières de ses décisions. Le droit social ajoute une troisième dimension, celle du capital humain, des obligations de l’employeur et de la gestion des relations professionnelles.

Cette formation n’est donc pas seulement académique. Elle prépare un positionnement transversal, à l’intersection de trois fonctions que les dirigeants ne peuvent plus traiter séparément. Une restructuration produit des effets fiscaux. Une expansion soulève des questions contractuelles et sociales. Une innovation commerciale exige un cadre juridique adapté. Dans cette chaîne de décisions interdépendantes, le conseil pertinent est celui qui sait anticiper les conséquences au-delà de sa spécialité immédiate.

L’apprentissage du conseil et de l’entreprise

Makhtar Sarr entre dans la vie professionnelle en octobre 1998 comme consultant juridique et fiscal chez Coopers & Lybrand Dieye. Cette première expérience l’installe dans l’univers exigeant du conseil, où la qualité d’une analyse se mesure autant à sa solidité technique qu’à son utilité pour le client.

Mais son parcours ne se déroule pas exclusivement en cabinet. Entre 2006 et 2007, il occupe les fonctions de secrétaire général de SODIPHARM SA. Ce passage en entreprise constitue un changement de perspective important. Le juriste ne se contente plus d’émettre une recommandation extérieure : il doit l’inscrire dans le fonctionnement quotidien d’une organisation, tenir compte de ses impératifs commerciaux et accompagner directement ses arbitrages.

Cette immersion lui permet d’éprouver une réalité souvent sous-estimée : une solution juridiquement irréprochable n’est réellement efficace que si elle demeure applicable, compréhensible et compatible avec les objectifs de l’entreprise. Le droit devient alors moins une matière abstraite qu’un langage de gouvernance.

En 2008, Makhtar Sarr rejoint Mazars Sénégal comme Senior Tax & Legal. Deux ans plus tard, il accède au poste de Manager Tax & Legal. Cette progression traduit un élargissement de ses responsabilités, du traitement technique des dossiers vers leur pilotage, la supervision des missions et la relation avec les décideurs.

Après quatre années chez Mazars, il rejoint Cabinet Face Africa en janvier 2012 comme associé Tax & Legal. Il y demeure près de sept ans. Cette étape marque son passage durable au niveau de l’association, là où l’expertise technique doit se prolonger par le développement d’une activité, l’encadrement des équipes et la construction d’une relation de confiance avec les entreprises accompagnées.

Il poursuit cette trajectoire en octobre 2018 au sein de BMC Tax & Legal, toujours en qualité d’associé. À ce stade, son parcours présente déjà une cohérence nette : une maîtrise du droit des affaires, de la fiscalité et des problématiques sociales, renforcée par une expérience du conseil et une connaissance directe de l’entreprise.

YUP, l’épreuve stratégique de la monnaie électronique

En juillet 2019, Makhtar Sarr quitte temporairement le conseil pour devenir secrétaire général de YUP par Société Générale au Sénégal. Cette expérience constitue probablement le point de bascule le plus structurant de son parcours.

La monnaie électronique se situe au croisement de plusieurs univers : banque, technologie, distribution, protection des utilisateurs, conformité et gestion de réseaux. Elle oblige les entreprises à innover dans un cadre où la confiance demeure l’actif principal. La vitesse d’exécution attendue d’une fintech ou d’un service numérique doit ainsi cohabiter avec les exigences de contrôle propres au secteur financier.

Occuper un secrétariat général dans cet environnement suppose de dépasser la seule lecture des textes. Il faut articuler gouvernance, organisation, conformité et fonctionnement opérationnel. Il faut également comprendre les effets concrets d’une décision juridique sur les partenaires, les équipes, les réseaux de distribution et les utilisateurs.

Durant plus de trois ans, Makhtar Sarr évolue ainsi au cœur d’un modèle qui cherchait à élargir l’accès aux services financiers par le numérique. Cette immersion dans la monnaie électronique enrichit son profil d’une compétence déterminante : la compréhension des risques associés à la transformation des modèles économiques.

Elle lui donne également accès à une dimension rarement acquise uniquement en cabinet, celle de l’arbitrage interne. Un conseil extérieur identifie les options et leurs conséquences. Un secrétaire général participe à leur traduction dans la gouvernance de l’organisation. Cette différence explique en partie la valeur de son retour ultérieur au conseil.

Chez Moore Sénégal, une expertise devenue transversale

Depuis octobre 2022, Makhtar Sarr exerce comme associé juridique et fiscal de Moore Sénégal. Il intervient dans les domaines juridique, fiscal et social, retrouvant ainsi les trois piliers autour desquels s’est construit son parcours.

Son arrivée au sein du cabinet peut être lue comme une synthèse professionnelle. Il y apporte l’expérience du consultant, la responsabilité de l’associé et la connaissance intime des contraintes d’une entreprise opérant dans un secteur fortement réglementé. Cette combinaison lui permet d’aborder les problématiques de ses clients non seulement sous l’angle de la conformité, mais aussi sous celui de leur faisabilité opérationnelle.

L’enjeu dépasse la simple application des normes. Pour les entreprises sénégalaises, la qualité du conseil juridique et fiscal devient un facteur de compétitivité. Les groupes locaux se structurent, les investissements se complexifient et les projets dépassent plus fréquemment les frontières nationales. Dans le même temps, les administrations renforcent leurs capacités de contrôle tandis que la numérisation accroît la traçabilité des opérations.

Dans ce contexte, les dirigeants ont besoin de conseils capables de sécuriser la croissance sans la ralentir. Ils doivent anticiper le coût fiscal d’une opération, organiser les relations entre associés, maîtriser les implications sociales d’une transformation et intégrer les contraintes réglementaires dès la conception de leur stratégie.

C’est précisément dans cette zone, entre expertise et décision, que se situe la singularité de Makhtar Sarr. Son parcours ne repose pas sur une spécialisation isolée, mais sur une capacité à relier les différentes dimensions du risque d’entreprise.

Faire du droit un outil de gouvernance

Le fil conducteur de sa carrière tient finalement dans un mouvement constant entre la norme et l’action. Formé au droit des affaires, à la fiscalité et au droit du travail, Makhtar Sarr a progressivement déplacé son expertise du traitement des dossiers vers l’accompagnement des décisions. Ses fonctions successives lui ont permis de connaître les deux côtés de la relation de conseil : celui qui analyse le risque et celui qui doit l’assumer dans l’organisation.

Cette double culture prend une importance croissante dans l’économie sénégalaise. À mesure que les entreprises gagnent en taille et en ambition, la fonction juridique et fiscale cesse d’être une simple ligne de défense. Elle devient une infrastructure de confiance, indispensable à l’investissement, à la gouvernance et à la pérennité des opérations.

Chez Moore Sénégal, le véritable enjeu de son mandat se trouve là : aider les dirigeants à transformer une complexité réglementaire grandissante en décisions plus sûres et mieux préparées. Car dans une économie en mutation, l’expertise la plus utile n’est pas celle qui intervient lorsque le risque s’est matérialisé. C’est celle qui permet de l’identifier assez tôt pour préserver la capacité d’agir.

Mérimé Wilson

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page