Nos CEO

Thierry Cabou, l’architecte discret des passerelles financières entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient

Dans la finance internationale, certains profils avancent loin des projecteurs, mais au cœur des circuits où se structurent les capitaux, les alliances et les projets à forte intensité stratégique. Thierry Cabou appartient à cette catégorie de dirigeants transversaux, plus présents dans les salles de négociation, les architectures de partenariat et les plateformes d’investissement que dans l’exposition médiatique classique. Son parcours, construit entre Dakar, Paris, Dubaï, Hong Kong et les grands corridors émergents, raconte une trajectoire singulière : celle d’un professionnel sénégalais positionné sur les lignes de jonction entre finance, conseil stratégique, investissement, infrastructures et développement international.

Depuis novembre 2022, Thierry Cabou occupe la fonction de Head of Africa de BOA Financial Group, groupe basé à Hong Kong et positionné dans les services financiers, avec des activités couvrant notamment la banque, le financement, les valeurs mobilières, l’assurance, la gestion d’actifs et la technologie financière. BOA Financial Group se présente comme un groupe cherchant à développer des services financiers plus efficaces, plus digitaux et plus accessibles, avec un accent sur l’innovation et l’expérience utilisateur.

Ce rôle africain s’inscrit dans une trajectoire longue. Avant BOA Financial Group, Thierry Cabou a été représentant pour l’Afrique de Bank of Asia BVI entre 2021 et 2022, avant d’étendre son positionnement au sein de Soteria Capital, structure hongkongaise d’investissement privé active sur les corridors Chine, Asie du Sud-Est et Moyen-Orient. Soteria Capital revendique une expertise dans le private equity, le venture capital, la finance d’entreprise, l’offshore banking, la structuration de fonds, l’asset management et l’immobilier d’investissement.

Mais réduire Thierry Cabou à une fonction bancaire serait insuffisant. Son profil est celui d’un connecteur de marchés. À travers Cabou Group, dont il est président, il a construit depuis plus d’une décennie une plateforme d’intervention couvrant le conseil, l’investissement, l’énergie, les infrastructures, les télécommunications, les technologies, les data centers et les projets de smart cities. Le groupe revendique une présence entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et les Amériques, avec une logique assumée : connecter les ressources globales aux opportunités locales.

Cette capacité à opérer entre plusieurs géographies est l’un des marqueurs forts de son parcours. Formé à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec un ancrage en droit des affaires, commerce international, fiscalité et études africaines, Thierry Cabou appartient à une génération de dirigeants africains dont la valeur ne réside pas seulement dans la maîtrise technique de la finance, mais dans la compréhension des rapports entre droit, institutions, capitaux et développement.

Son itinéraire professionnel commence dans les années 1990 au Sénégal, notamment comme conseiller auprès du Commissariat à l’Après-Barrage, rattaché au ministère de l’Économie. Cette expérience publique, au contact des problématiques d’aménagement, de développement et de gouvernance économique, précède une carrière progressivement internationalisée. Il intervient ensuite dans des fonctions de conseil, de direction et d’administration au sein de structures comme SE2M Dakar SA, African Trading Company SL, Concordia LLC, Rialtus Emergence Corporate, Tiberius Capital, Total Trust Traders et Cabou Group.

Cette accumulation de mandats peut donner l’image d’un profil éclaté. Elle traduit plutôt une constante : Thierry Cabou évolue dans les espaces où se rencontrent les projets africains, les investisseurs internationaux, les montages financiers et les stratégies d’accès aux marchés. Son terrain naturel est celui des interfaces. Il agit à la croisée des banques, des fonds, des gouvernements, des entreprises et des partenaires institutionnels.

Son implication au sein de l’Africa India Economic Foundation confirme cette orientation. L’AIEF se présente comme une passerelle institutionnelle entre l’Afrique et l’Inde, destinée à faciliter le commerce, l’investissement, la technologie, l’industrie et les échanges de connaissances entre l’Inde et les 55 pays africains. La fondation revendique notamment une reconnaissance lors du Sommet de l’Union africaine en 2020 et un protocole d’accord signé à Addis-Abeba en 2023. Thierry Cabou y est identifié comme membre de l’équipe de management, avec une expérience de plus de vingt ans dans le droit des affaires, la banque d’investissement, la levée de fonds et les fusions-acquisitions.

Ce positionnement Afrique-Inde est stratégique. Dans un monde où les chaînes de valeur se recomposent, l’Afrique n’est plus seulement perçue comme un marché de matières premières ou un territoire de projets publics. Elle devient un espace de croissance, de demande, d’industrialisation possible et d’innovation financière. L’Inde, de son côté, cherche à renforcer ses corridors économiques avec le continent, notamment à travers les PME, les technologies, les infrastructures et les services. À cette jonction, des profils comme Thierry Cabou jouent un rôle de traduction : traduire les besoins africains en projets finançables, traduire les capacités asiatiques en partenariats opérationnels, traduire les ambitions publiques en instruments de marché.

Son parcours reste toutefois celui d’un homme de réseaux plus que d’un dirigeant de communication. Les informations publiques disponibles sur ses activités montrent une présence dans plusieurs véhicules et plateformes, mais peu de mise en scène personnelle. Cette discrétion peut être lue comme une limite pour le grand public. Elle constitue aussi un trait de certains acteurs de la finance internationale : ceux dont l’influence se mesure moins à la notoriété qu’à la capacité d’ouvrir des portes, de structurer des transactions et d’aligner des intérêts complexes.

À l’heure où les économies africaines cherchent de nouveaux instruments pour financer les infrastructures, la transition énergétique, les villes intelligentes, l’inclusion financière et la transformation industrielle, le parcours de Thierry Cabou prend un relief particulier. Il incarne une figure encore insuffisamment documentée dans les médias économiques africains : celle du stratège financier transcontinental, capable de naviguer entre droit, capital, diplomatie économique et ingénierie de projets.

Son histoire dit aussi quelque chose de l’évolution du leadership sénégalais. Longtemps associé aux institutions publiques, aux banques locales ou aux grandes entreprises nationales, ce leadership s’exporte désormais dans des circuits plus vastes. Il se déploie à Hong Kong, Dubaï, Singapour, Mumbai, Paris ou Genève. Il ne se limite plus à représenter l’Afrique ; il cherche à l’inscrire dans des architectures financières mondiales.

Thierry Cabou n’est pas seulement un banquier d’affaires ou un conseiller international. Il est l’un de ces bâtisseurs de corridors qui travaillent à relier les ambitions africaines aux capitaux, aux technologies et aux partenaires capables de les accélérer. Dans un continent où la question n’est plus seulement de concevoir des projets, mais de les rendre finançables, exécutables et crédibles à l’échelle internationale, ce type de profil devient central.

Mérimé Wilson

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page