El Hadji Sidy Diop, l’architecte discret de la fiscalité stratégique en Afrique de l’Ouest

À la tête de FACE Africa tax & legal, l’expert fiscal sénégalais incarne une génération rare de professionnels capables de relier le droit, la fiscalité, l’investissement et les grands arbitrages publics dans une économie ouest-africaine en pleine recomposition.
Dans les économies modernes, certains pouvoirs ne s’exercent ni depuis une salle de marché, ni depuis un conseil d’administration, ni depuis un ministère. Ils se jouent dans les textes, les contrats, les montages juridiques, les conventions fiscales, les arbitrages d’investissement et les lignes souvent techniques où se décide la capacité d’un État à capter une part juste de la valeur sans décourager le capital. C’est dans cet espace exigeant, peu visible mais décisif, qu’El Hadji Sidy Diop a bâti l’une des trajectoires les plus solides de l’expertise fiscale sénégalaise.
Fondateur et Président Directeur Général de FACE Africa tax & legal, cabinet membre du réseau WTS Global, il appartient à cette catégorie de professionnels dont l’influence se mesure moins à l’exposition publique qu’à la qualité des dossiers confiés, à la confiance des institutions et à la profondeur d’expérience accumulée. Plus de trente-cinq années dans le conseil fiscal, l’audit, l’ingénierie juridique et fiscale, les finances, l’énergie, les infrastructures, l’eau, l’assainissement et les grands projets publics : son parcours raconte une chose essentielle sur le Sénégal contemporain. Derrière les réformes, les investissements, les concessions, les partenariats public-privé et les contrats structurants, la fiscalité n’est plus une simple affaire de conformité. Elle est devenue un instrument de souveraineté économique.
La trajectoire d’El Hadji Sidy Diop s’est construite sur une base académique robuste. Titulaire d’un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées en Droit des Affaires et Banque, ainsi que d’une Maîtrise en Droit des Affaires option fiscalité, il s’est très tôt situé à l’intersection du droit privé, de la finance et de la fiscalité. Cette formation initiale a été complétée par une formation en gestion de projet en France, plusieurs formations pratiques en Europe, notamment en France, aux Pays-Bas et en Turquie, ainsi que des cours de finance à l’Institut Supérieur de Management de Dakar. À cela s’ajoutent des certifications spécialisées en fiscalité minière et en fiscalité du secteur pétrolier et gazier, obtenues auprès de la FERDI et de l’INPG.
Ce socle dit beaucoup de sa méthode. Chez lui, la fiscalité n’est pas envisagée comme une discipline isolée. Elle se comprend dans le cycle complet de la décision économique : structurer un investissement, sécuriser une opération, anticiper un risque, lire un contrat, mesurer un impact budgétaire, interpréter un texte, accompagner une administration ou conseiller une entreprise. Cette approche intégrée explique la longévité d’un parcours qui a traversé plusieurs âges de l’économie sénégalaise : celui des grands cabinets internationaux, celui des entreprises publiques stratégiques, puis celui de l’entrepreneuriat professionnel adossé à un réseau mondial.
Pendant plus de trente ans, El Hadji Sidy Diop a évolué dans l’univers des grands cabinets internationaux. Coopers & Lybrand – Dièye, Ernst & Young, Mazars : ces maisons ont formé plusieurs générations d’experts africains aux standards de rigueur, de documentation et de responsabilité attendus sur les grands dossiers. Dans ces environnements, la précision n’est pas un luxe. Elle est une condition de crédibilité. Les arbitrages fiscaux y engagent des montants importants, des risques réputationnels, des décisions d’investissement et parfois des équilibres entre administrations, bailleurs, groupes privés et institutions publiques.
Cette expérience internationale lui a donné une culture du dossier complexe. Elle lui a aussi permis de comprendre la fiscalité dans sa dimension comparative : ce qu’un État peut exiger, ce qu’un investisseur peut accepter, ce qu’un cadre juridique doit garantir, ce qu’une réforme peut produire comme effets réels sur l’activité économique. À mesure que les économies ouest-africaines se sont ouvertes, que les flux d’investissement se sont sophistiqués et que les secteurs régulés ont gagné en importance, cette compétence est devenue stratégique.
Mais le parcours d’El Hadji Sidy Diop ne se limite pas au conseil privé. Il a aussi exercé quatre années comme Responsable de la gestion fiscale à la Société Nationale d’Électricité du Sénégal, la SENELEC. Cette étape est essentielle pour comprendre son profil. Elle l’a placé au cœur d’une entreprise publique critique, dans un secteur où l’équilibre financier, la qualité du service, la régulation, les investissements et les contraintes budgétaires s’entrecroisent en permanence. L’électricité n’est pas un secteur comme les autres. Elle conditionne la compétitivité industrielle, la vie des ménages, la capacité des entreprises à produire et l’attractivité d’un pays.
Ce passage par la SENELEC lui a donné une connaissance de l’intérieur des contraintes publiques. Beaucoup de fiscalistes savent conseiller l’entreprise. Moins nombreux sont ceux qui comprennent, par expérience directe, la logique de l’État, la pression sur les finances publiques, la sensibilité des tarifs, la lourdeur des investissements et la nécessité de concilier viabilité économique et intérêt général. Cette double culture — cabinet international et entreprise publique stratégique — constitue l’un des marqueurs forts de sa singularité.
La création de FACE Africa tax & legal représente le troisième temps de cette trajectoire. En fondant son propre cabinet, El Hadji Sidy Diop a choisi de transformer l’expertise accumulée en plateforme indépendante de conseil, capable d’accompagner des clients publics, privés, nationaux, régionaux et internationaux. FACE Africa intervient dans un champ large, mais cohérent : conseil fiscal, ingénierie juridique et fiscale, accompagnement des investissements, structuration de projets, sécurisation des opérations, fiscalité sectorielle et missions institutionnelles.
Le cabinet s’est progressivement imposé dans des secteurs où l’approximation est impossible. Finances, énergie, infrastructures, eau, assainissement, microfinance, banque, assurance, industrie, agro-industrie, mines, pétrole et gaz : ces domaines ont en commun d’être fortement régulés, fiscalement sensibles et stratégiques pour le développement. Les missions menées auprès d’institutions et d’organisations telles que la Banque mondiale, la GIZ, la SONES, la SENELEC, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, la CEDEAO, l’UMOA-Titres, GIM-UEMOA, le FONGIP, Canal+, AXA, FORTESA, ainsi que différents ministères chargés des finances, de l’eau, de l’assainissement ou du transport aérien, illustrent l’étendue de ce positionnement.
Ce portefeuille dit une chose simple : El Hadji Sidy Diop n’est pas seulement un technicien du droit fiscal. Il intervient là où la fiscalité rencontre les politiques publiques, les grands services essentiels, la modernisation des administrations, le financement des infrastructures et la structuration des marchés. Dans ces dossiers, l’expert ne se contente pas de lire la loi. Il aide à rendre les projets exécutables, les montages défendables et les décisions compatibles avec les impératifs de conformité, de rendement et de confiance.
Son rôle régional renforce encore cette dimension. Consultant fiscal auprès de la CEDEAO pour les pays francophones et lusophones, il intervient également auprès de la CEDEAO et de l’UEMOA dans le cadre de réformes fiscales, d’études comparatives et de travaux d’harmonisation des cadres fiscaux dans l’espace communautaire. Ce champ d’action est particulièrement sensible. L’Afrique de l’Ouest est un espace d’intégration économique inachevée, traversé par des écarts de réglementation, des différences de capacité administrative, des enjeux de concurrence fiscale et la nécessité d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
Dans ce contexte, l’harmonisation fiscale n’est pas un exercice bureaucratique. Elle conditionne la fluidité des investissements, la lisibilité des marchés, la lutte contre l’érosion des bases fiscales et la capacité des États à financer leur développement sans dépendre excessivement de l’endettement. Pour un pays comme le Sénégal, désormais engagé dans une séquence stratégique autour du pétrole, du gaz, des infrastructures, de la dette, de la réforme fiscale et de la mobilisation des recettes, ce type d’expertise devient central.
La spécialisation d’El Hadji Sidy Diop en fiscalité minière, pétrolière et gazière ajoute une résonance particulière à son parcours. Le Sénégal est entré dans une phase où les ressources naturelles ne représentent pas seulement une promesse de recettes. Elles posent des questions de gouvernance, de partage de la valeur, de stabilité contractuelle, de contenu local, de fiscalité internationale, de clauses de stabilisation, d’arbitrage et de souveraineté économique. Dans un tel environnement, le bon fiscaliste n’est pas celui qui promet une maximisation immédiate. C’est celui qui sait construire des équilibres durables, juridiquement solides, économiquement rationnels et politiquement défendables.
C’est précisément ce qui rend son profil important. El Hadji Sidy Diop incarne une expertise sénégalaise capable de dialoguer avec les standards internationaux sans perdre de vue les priorités africaines. Il appartient à cette génération qui a appris dans les grands cabinets, travaillé avec les institutions publiques, accompagné les entreprises privées et fini par créer des structures locales capables de rivaliser avec des références internationales. Cette évolution compte. Elle montre que l’Afrique ne se contente plus d’importer de l’expertise. Elle produit ses propres architectes de la norme, du conseil et de la décision.
Membre de l’Ordre National des Experts Agréés du Sénégal et de l’Ordre Ouest Africain des Experts, il s’inscrit dans un cadre professionnel où la reconnaissance repose sur la compétence, l’éthique et la responsabilité. Son expertise en fiscalité des partenariats public-privé, en sécurisation des investissements, en structuration juridique des projets et en optimisation fiscale des grandes entreprises le place au cœur des sujets qui détermineront une partie de la compétitivité sénégalaise dans les prochaines années.
Son leadership semble relever d’une forme de sobriété professionnelle. Pas de récit spectaculaire, pas de mise en scène excessive, mais une constance : former une vision, bâtir un cabinet, accompagner des dossiers structurants, relier le Sénégal aux standards internationaux et intervenir dans les grands chantiers fiscaux de la région. Dans un monde économique souvent fasciné par la vitesse, son parcours rappelle la valeur d’une expertise longue, patiente, documentée, cumulative.
El Hadji Sidy Diop est ainsi plus qu’un fiscaliste reconnu. Il est l’un des visages d’une Afrique de l’Ouest qui cherche à mieux organiser sa souveraineté économique par la qualité de ses règles, la solidité de ses conseils et la précision de ses arbitrages. À l’heure où le Sénégal doit financer son développement, sécuriser ses investisseurs, optimiser ses ressources, moderniser son administration fiscale et négocier sa place dans les chaînes de valeur régionales, son profil prend une portée particulière.
Dans les coulisses de l’économie, il existe des bâtisseurs dont l’œuvre ne se voit pas toujours immédiatement. Elle se lit dans les contrats mieux structurés, les risques mieux anticipés, les réformes mieux calibrées, les institutions mieux accompagnées et les projets rendus possibles. El Hadji Sidy Diop appartient à cette catégorie. Celle des experts qui ne cherchent pas seulement à interpréter les règles, mais à contribuer à l’architecture économique d’un pays et d’une région.
Mérimé Wilson



