Mohamed Seydi, l’art de bâtir des ponts entre conformité, stratégie et influence

Dans un environnement économique de plus en plus traversé par les exigences de conformité, les attentes réglementaires et la nécessité d’un dialogue intelligent entre secteur public et acteurs privés, certains profils s’imposent par leur capacité à naviguer entre plusieurs mondes. Mohamed Seydi fait partie de cette catégorie rare de professionnels capables de conjuguer vision stratégique, culture commerciale, compréhension institutionnelle et maîtrise des enjeux opérationnels.
Son parcours raconte moins une succession de postes qu’une montée en puissance cohérente. À chaque étape, il a enrichi une même colonne vertébrale professionnelle : comprendre les besoins des organisations, structurer des réponses concrètes, créer de la confiance et transformer les relations en leviers durables de croissance. Aujourd’hui Country Manager de Novallia au Sénégal et Government Relations Associate chez myAgro, il incarne une génération de cadres africains à l’aise aussi bien dans la vente à haute valeur ajoutée que dans la diplomatie économique de terrain.
Chez Novallia, qu’il dirige au Sénégal depuis novembre 2021, Mohamed Seydi évolue au cœur d’un sujet devenu central pour les entreprises modernes : la maîtrise des risques. Sa mission dépasse largement la simple animation commerciale. Il développe et met en œuvre les stratégies de vente en lien avec les objectifs de l’entreprise, supervise les aspects financiers, veille à la bonne planification des ressources et accompagne les dispositifs de veille réglementaire et de conformité. Cette fonction exige une lecture fine du marché, mais aussi une capacité à parler le langage de plusieurs secteurs à la fois.
Et pour cause : les missions qu’il conduit couvrent des domaines aussi variés que les mines, le tabac, l’agroalimentaire, le ciment ou encore les industries chimiques. Autrement dit, des univers où les exigences réglementaires ne sont pas accessoires, mais structurantes. Dans ce type d’écosystème, la valeur d’un dirigeant ne repose pas seulement sur sa capacité à vendre une offre. Elle repose sur son aptitude à rassurer, à anticiper, à structurer la conformité comme un avantage stratégique. C’est précisément dans cet espace que Mohamed Seydi semble avoir trouvé son terrain naturel.
Son action chez Novallia s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une Afrique de l’Ouest où les entreprises, locales comme internationales, doivent composer avec des normes de plus en plus exigeantes. À travers la veille réglementaire, les audits, la sensibilisation à la conformité ou encore la sécurité industrielle, il contribue à faire émerger une culture de la prévention et de la maîtrise des risques, là où beaucoup d’organisations agissent encore dans l’urgence. Son rôle est alors autant technique que pédagogique : il ne s’agit pas seulement de contrôler, mais de faire comprendre, d’accompagner et d’installer des réflexes durables.
Parallèlement, sa fonction de Government Relations Associate chez myAgro, qu’il occupe depuis avril 2024 à Dakar, révèle une autre facette de son profil : celle d’un professionnel capable de relier vision d’impact et intelligence institutionnelle. Dans cette mission, Mohamed Seydi conçoit et met en œuvre des stratégies de partenariats public-privé alignées sur les priorités agricoles nationales. Il porte des actions de plaidoyer et de sensibilisation, valorise l’impact social de l’organisation et construit des réseaux de parties prenantes à haut niveau pour favoriser des initiatives transversales.
Cette double responsabilité est particulièrement révélatrice. D’un côté, Novallia le place au carrefour des impératifs de conformité, de gestion et de performance. De l’autre, myAgro l’inscrit dans une logique de transformation sociale, en lien avec les politiques agricoles, les chaînes de valeur et l’accompagnement des producteurs. Le fil rouge est pourtant le même : Mohamed Seydi sait faire dialoguer des intérêts multiples, transformer des relations institutionnelles en coopérations opérationnelles et inscrire l’action dans la durée.
Avant son retour sur le continent africain, son parcours s’est construit dans des environnements européens particulièrement exigeants. Chez Contexte, média de référence sur les politiques françaises et européennes, il a occupé pendant plus de trois ans le poste de Key Account Sales Manager. Il y gérait un portefeuille de grands comptes réunissant gouvernements, institutions françaises et européennes, cabinets d’affaires publiques et ONG. Ce passage a visiblement consolidé une compétence clé : la capacité à comprendre les enjeux spécifiques de clients complexes, à recueillir leurs besoins réels, à construire des solutions sur mesure et à négocier dans des univers où l’information stratégique fait la différence.
Cette expérience dans l’écosystème des politiques publiques et des affaires européennes a certainement renforcé son sens de la lecture institutionnelle. Elle a aussi nourri une qualité décisive dans sa trajectoire actuelle : la faculté à identifier les dynamiques de pouvoir, les attentes implicites des décideurs et les points d’alignement possibles entre intérêts privés et priorités publiques.
Avant Contexte, Mohamed Seydi avait déjà construit une assise solide chez SGS, groupe mondial de référence dans l’inspection, la vérification, les essais et la certification. Pendant plus de quatre ans, il y a développé des activités commerciales sur des secteurs multiples, de l’aéronautique au ferroviaire, en passant par la mécanique et le maritime. Il travaillait sur des offres à forte technicité : systèmes de management, formations, audits de seconde partie, audits réglementaires, certifications. Il préparait également des réponses à appels d’offres, validait les aspects techniques des propositions commerciales et suivait la performance contractuelle des missions.
Cette étape a probablement joué un rôle fondateur. Elle lui a donné une rigueur d’exécution, une familiarité avec les référentiels internationaux et une compréhension concrète de la manière dont la conformité peut structurer les rapports entre entreprises, marchés et autorités. Là où certains profils commerciaux excellent dans la relation mais peinent sur le fond technique, Mohamed Seydi a développé une crédibilité bâtie sur les deux tableaux : la maîtrise du discours stratégique et la compréhension des exigences métier.
Ses premières expériences chez SmartPlace, The Phone House, Damart ou encore WMF AG témoignent d’un apprentissage progressif des fondamentaux commerciaux : relation client, marketing, fidélisation, animation de portefeuille, gestion de supports commerciaux. Ce socle, souvent sous-estimé dans les grandes trajectoires, est en réalité déterminant. Il forge les réflexes de terrain, l’écoute du client, le sens de la persuasion et la discipline commerciale. Chez Mohamed Seydi, cette base s’est ensuite sophistiquée au contact des grands comptes, des normes internationales et des environnements institutionnels.
Son parcours académique vient compléter cette architecture professionnelle avec une cohérence remarquable. Diplômé de l’ISG Institut Supérieur de Gestion, où il obtient un Master en business, management, marketing et disciplines connexes, il s’est formé à l’audit, à la comptabilité, à la finance, au management et à la communication. Un passage à St. John’s University, dans le cadre d’un Summer Business Program centré sur le management américain et la finance d’entreprise, ajoute une ouverture internationale à son profil. Ses formations antérieures au CFA Stephenson et à l’ISEFAC renforcent encore sa culture commerciale et sa maîtrise des logiques de business unit, de gestion de projets commerciaux et de relation client.
Ce qui ressort de l’ensemble, c’est la figure d’un professionnel transversal, capable d’évoluer à l’intersection du business development, de la conformité, des relations institutionnelles et de la stratégie. Dans un contexte africain où les entreprises ont besoin de dirigeants sachant à la fois vendre, structurer, dialoguer avec les autorités et intégrer les normes globales, Mohamed Seydi apparaît comme un profil particulièrement pertinent.
Son itinéraire illustre aussi une réalité plus profonde : la performance en Afrique ne se joue plus uniquement sur la conquête commerciale. Elle se joue désormais sur la capacité à construire des écosystèmes de confiance. Confiance entre entreprises et régulateurs. Confiance entre innovation et conformité. Confiance entre ambition privée et impact collectif. C’est précisément dans cette zone d’équilibre que Mohamed Seydi déploie sa valeur.
Au fond, il appartient à cette génération de décideurs pour qui le leadership ne consiste pas seulement à diriger, mais à articuler. Articuler les normes et l’action. Les institutions et les marchés. Les objectifs de croissance et les impératifs de responsabilité. Dans des économies en transformation rapide, cette compétence devient stratégique. Et c’est sans doute ce qui fait de Mohamed Seydi un profil à suivre de près dans le paysage sénégalais et ouest-africain.
Mérimé Wilson



