Babacar Charles Ndoye, l’architecte discret d’une cybersécurité sénégalaise plus souveraine

Après plus de deux décennies de trajectoire professionnelle entre Genève, Lausanne, Bangkok, l’Europe industrielle et les environnements IT de grands groupes internationaux, Babacar Charles Ndoye a choisi de remettre son expertise au service du Sénégal. À la tête de Cellule Group depuis 2019, il incarne une génération de profils hybrides, à la fois techniciens, stratèges et pédagogues, pour qui la cybersécurité n’est plus une affaire de logiciels, mais de gouvernance, de résilience et de souveraineté économique.
Dans les économies modernes, la cybersécurité n’est plus un sujet périphérique confié aux seuls spécialistes informatiques. Elle est devenue une question de continuité d’activité, de réputation, de conformité, de confiance publique et, plus profondément, de souveraineté. Au Sénégal, où la digitalisation des services publics, des banques, des télécommunications, des entreprises et des usages citoyens s’accélère, cette mutation fait émerger une nouvelle catégorie de dirigeants : des experts capables de parler à la fois le langage de la technologie, du risque, de la gouvernance et de la décision stratégique.
Babacar Charles Ndoye appartient à cette catégorie rare. CEO de Cellule Group depuis décembre 2019, il a construit son parcours sur une conviction simple : une organisation ne devient pas résiliente parce qu’elle achète des outils de sécurité, mais parce qu’elle apprend à gouverner ses risques numériques avec méthode, discipline et anticipation. Son cabinet intervient dans la stratégie de gouvernance de la sécurité des systèmes d’information, la protection des données personnelles et sensibles, la gestion des risques et la préparation aux crises, selon les éléments publiquement associés à Cellule Group et à son positionnement professionnel.
Ce qui distingue Babacar Charles Ndoye, c’est d’abord la densité de son itinéraire. Avant de créer Cellule Group, il a évolué dans plusieurs environnements internationaux, principalement en Suisse, au croisement de l’industrie, des services, du conseil IT et de la transformation digitale. Son expérience mentionne des passages chez Procter & Gamble, Philip Morris International, Cadbury Schweppes Bottling Group, Kraft Foods, INEOS, BOBST, Richemont, ainsi que des missions de pilotage de projets, de coordination IT, de services delivery et de sécurité des systèmes d’information. Cette succession de fonctions ne relève pas seulement d’une progression technique. Elle dessine une école du réel : celle des grandes organisations, des contraintes opérationnelles, des migrations complexes, des systèmes distribués, des métiers exigeants et des environnements où l’erreur informatique peut vite devenir un risque business.
Ce socle international pèse dans sa manière d’aborder la cybersécurité. Là où certains la réduisent à une accumulation de pare-feu, d’antivirus, de sauvegardes et de procédures, Babacar Charles Ndoye la replace dans une architecture plus large : gouvernance, risque, conformité, culture interne, responsabilités, processus, réaction à incident et alignement avec les objectifs de l’organisation. Cette approche GRC, pour Governance, Risk and Compliance, est devenue centrale dans les économies numérisées. Elle oblige les dirigeants à sortir d’une vision strictement technique de la sécurité pour comprendre que le risque cyber se pilote comme un risque financier, juridique, opérationnel ou réputationnel.
La formation de Babacar Charles Ndoye confirme cette orientation. Il est diplômé de la Haute École de Gestion de Genève en sécurité des systèmes d’information, avec un parcours articulé autour du management de la sécurité, de la gouvernance et de l’architecture des systèmes d’information. Plusieurs sources publiques le présentent comme expert en gouvernance, risque et conformité, avec plus de vingt ans d’expérience dans les technologies de l’information et une expertise forte en gouvernance de sécurité des systèmes d’information.
Son retour vers le Sénégal donne à ce parcours une portée particulière. Après une longue séquence professionnelle européenne, Babacar Charles Ndoye ne revient pas seulement avec un CV. Il revient avec une méthode, un regard comparatif et une compréhension des standards internationaux. C’est souvent là que se joue la valeur des profils de la diaspora technique : dans leur capacité à traduire des pratiques éprouvées dans des contextes locaux, sans plaquer mécaniquement des modèles venus d’ailleurs. Au Sénégal, la question n’est pas de reproduire Genève ou Lausanne. Elle est de bâtir une culture cyber adaptée aux banques locales, aux administrations, aux PME, aux opérateurs économiques, aux institutions publiques, aux systèmes critiques et aux ambitions numériques du pays.
Cellule Group s’inscrit dans cette logique. Le cabinet se positionne sur un terrain encore jeune mais stratégique : accompagner les organisations dans la construction de politiques de sécurité, la protection des données, la gestion des vulnérabilités, la préparation aux crises et la montée en maturité des dirigeants face aux risques numériques. Ce positionnement prend une résonance particulière dans un pays où les incidents cyber ont déjà rappelé la fragilité des infrastructures numériques. En mai 2023, plusieurs sites gouvernementaux sénégalais, dont celui de la présidence, ont été visés par une attaque DDoS revendiquée par un groupe de hackers, selon plusieurs médias spécialisés. À cette occasion, Babacar Charles Ndoye a publiquement souligné l’absence d’une véritable stratégie de défense coordonnée contre les cyberattaques au Sénégal.
Cette prise de parole illustre son rôle dans l’écosystème : celui d’un expert qui ne se contente pas de vendre des prestations, mais qui cherche à installer un débat de fond. Dans une interview accordée à LeBrief Afrique, il insiste sur une idée souvent sous-estimée : l’« hygiène informatique ». Le terme peut paraître simple, presque élémentaire. Il est pourtant décisif. Car la plupart des failles ne viennent pas seulement de technologies insuffisantes, mais de comportements faibles, de procédures mal appliquées, de mots de passe fragiles, de sensibilisation insuffisante, de droits d’accès mal gouvernés, d’ignorance du risque ou de chaînes de décision trop lentes. Pour lui, la cybersécurité commence donc par une discipline collective.
Cette pédagogie est essentielle dans un marché où beaucoup d’organisations confondent encore digitalisation et sécurisation. La première consiste à dématérialiser, automatiser, connecter et accélérer. La seconde consiste à protéger, contrôler, tracer, auditer et anticiper. Une économie peut se digitaliser rapidement tout en devenant plus vulnérable. C’est précisément ce paradoxe que les experts comme Babacar Charles Ndoye tentent de corriger : faire comprendre que l’innovation numérique sans gouvernance de sécurité produit autant d’opportunités que de fragilités.
Sa trajectoire récente montre aussi une ouverture vers les enjeux émergents de l’intelligence artificielle. En 2025, il est cité parmi les experts ayant animé une sensibilisation de l’ARPCE, le régulateur congolais des postes et communications électroniques, sur les implications de l’IA pour la régulation numérique. Son intervention y est associée à l’idée que l’intelligence artificielle aura un impact transversal sur tous les secteurs et que les régulateurs doivent en comprendre les enjeux pour proposer des cadres adaptés.
Ce glissement vers l’IA n’est pas anecdotique. La cybersécurité entre dans une nouvelle phase. Les attaques deviennent plus automatisées, plus personnalisées, plus rapides. Les risques liés aux données, aux algorithmes, aux identités numériques, aux infrastructures cloud et aux systèmes critiques imposent aux États comme aux entreprises de renforcer leurs capacités de pilotage. Pour un pays comme le Sénégal, l’enjeu dépasse la protection informatique. Il touche à la confiance dans l’économie numérique, à la crédibilité des services publics dématérialisés, à la sécurité des transactions, à l’attractivité des investissements et à la capacité du pays à défendre ses actifs informationnels.
Dans ce paysage, Babacar Charles Ndoye incarne une figure de bâtisseur. Non pas le bâtisseur spectaculaire qui occupe en permanence l’espace public, mais le bâtisseur méthodique qui travaille sur les fondations invisibles de la performance numérique. Son expertise est moins celle du gadget technologique que celle de l’architecture de confiance. Il sait, par expérience, que les grandes organisations ne se protègent pas dans l’improvisation. Elles se protègent par des politiques claires, des responsabilités définies, des standards, des audits, des plans de continuité, des exercices de crise, des équipes formées et une direction générale impliquée.
C’est ce message qui rend son profil particulièrement pertinent pour l’économie sénégalaise actuelle. Le Sénégal dispose d’une ambition numérique réelle. Il dispose aussi d’entrepreneurs, de régulateurs, d’institutions, de talents et de marchés capables de porter cette ambition. Mais cette montée en puissance ne pourra être durable que si la confiance numérique devient une priorité de gouvernance. La cybersécurité ne peut plus être pensée après coup, lorsque l’incident survient, lorsque les données sont exposées, lorsque le service est paralysé ou lorsque la réputation est atteinte. Elle doit être intégrée dès la conception des projets, des plateformes, des processus et des politiques publiques.
Babacar Charles Ndoye se situe précisément à cette intersection : entre la culture internationale des standards et les besoins concrets du marché sénégalais ; entre la technique et le management ; entre la transformation digitale et la maîtrise du risque ; entre la souveraineté numérique et la responsabilité des dirigeants. Son parcours raconte aussi une évolution plus large : celle d’une diaspora sénégalaise hautement qualifiée qui ne se contente plus d’observer les mutations du continent depuis l’extérieur, mais qui revient participer à la construction des capacités locales.
À travers Cellule Group, il défend une idée qui devrait devenir centrale dans toutes les salles de conseil d’administration : la cybersécurité n’est pas un coût de conformité, mais une assurance stratégique sur la continuité, la confiance et la valeur. Dans un monde où les entreprises valent de plus en plus par leurs données, leurs systèmes, leurs plateformes et leur réputation, protéger l’information revient à protéger l’entreprise elle-même.
Le Sénégal aura besoin de financiers pour soutenir son économie, d’ingénieurs pour bâtir ses infrastructures, d’industriels pour transformer ses ressources, de managers pour structurer ses organisations. Il aura aussi besoin d’architectes de confiance numérique. Babacar Charles Ndoye fait partie de ceux qui travaillent à installer cette exigence dans le débat économique. Son portrait dit une chose simple : à l’heure de l’intelligence artificielle, des cyberattaques et de la digitalisation accélérée, le leadership de demain ne se mesurera pas seulement à la capacité d’innover, mais à la capacité de sécuriser ce que l’on construit.
Mérimé Wilson



